La Camieg rembourse les frais de santé de plus de 500 000 bénéficiaires rattachés aux industries électriques et gazières. En 2026, plusieurs réformes nationales modifient la répartition entre régime obligatoire et régime complémentaire, avec des conséquences directes sur le reste à charge des assurés IEG. Cet article mesure ces changements poste par poste.
Transferts de remboursements vers les complémentaires : ce qui change pour la Camieg en 2026
Le fait marquant de 2026 pour les assurés Camieg ne vient pas de la caisse elle-même, mais d’une décision gouvernementale. Plusieurs postes de soins voient leur prise en charge basculer partiellement de l’Assurance maladie obligatoire vers les organismes complémentaires, avec un effet plein annoncé pour 2027.
Les catégories concernées par ces transferts sont les suivantes :
- Les soins dentaires, dont une partie du remboursement de base diminue côté Sécurité sociale, augmentant la part complémentaire.
- Les transports sanitaires (ambulances, VSL), actuellement remboursés à 55 % par le régime obligatoire et 45 % par le complémentaire Camieg, pourraient voir cet équilibre évoluer.
- Les dispositifs médicaux et les médicaments à service médical rendu faible ou modéré, dont le taux de remboursement obligatoire baisse progressivement.
Pour les bénéficiaires IEG, la Camieg gère à la fois le régime obligatoire et le régime complémentaire. Ce fonctionnement intégré signifie que le transfert se joue en interne, entre deux lignes de la même caisse. Le reste à charge final dépend de la capacité du volet complémentaire Camieg à absorber ces bascules.

Tableau des garanties Camieg : régime obligatoire et complémentaire poste par poste
Le tableau ci-dessous reprend les niveaux de prise en charge tels que publiés par la Camieg, avant application des éventuels transferts 2026-2027. Il permet de visualiser la répartition actuelle et d’identifier les postes où le complément joue un rôle déterminant.
| Poste de soins | Régime obligatoire | Complémentaire Camieg | Total |
|---|---|---|---|
| Consultations, visites, majorations | 70 % | 50 % | 120 % |
| Soins paramédicaux (infirmiers, kiné, orthophonistes) | 60 % | 60 % | 120 % |
| Médicaments vignette blanche | 65 % | 35 % | 100 % |
| Médicaments vignette bleue | 30 % | 70 % | 100 % |
| Médicaments vignette orange | 15 % | 85 % | 100 % |
| Transports sanitaires | 55 % | 45 % | 100 % |
| Hospitalisation (frais de séjour) | 80 % | 20 % | 100 % |
| Honoraires hospitaliers | 80 % | 220 % | 300 % |
Les médicaments à vignette orange illustrent bien le mécanisme : le régime obligatoire ne couvre que 15 %, laissant 85 % à la charge du complémentaire Camieg. Si le taux obligatoire diminue encore sur certaines catégories, la part complémentaire devra mécaniquement augmenter pour maintenir le même niveau de couverture.
Forfait journalier hospitalier et participation forfaitaire : les montants 2026
Deux postes de dépenses échappent au pourcentage classique de remboursement et fonctionnent sur un montant fixe. Leur hausse en 2026 modifie le calcul du reste à charge, même pour les assurés bien couverts.
Le forfait journalier hospitalier passe à 23 € par jour dans les établissements généraux, contre un montant antérieur inférieur. En psychiatrie, il s’établit à 17 €. Ce forfait couvre la part hébergement et n’est pas pris en charge par le régime obligatoire.
Le forfait patient urgences (passage aux urgences sans hospitalisation) est lui aussi fixé à 23 €. La Camieg complémentaire prend en charge ces forfaits : le tableau de garanties indique un remboursement de 23 € pour le forfait patient nominal et de 9,96 € pour le forfait minoré.
En revanche, la participation forfaitaire sur les actes techniques dépassant 120 € (en ville comme à l’hôpital) reste fixée à 32 €, intégralement couverte par le complémentaire Camieg. Ce poste ne change pas en 2026, mais il mérite d’être vérifié sur chaque relevé de remboursement.
Franchises médicales et retenues sur les remboursements Camieg
Les franchises médicales (sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports) sont des montants déduits directement des remboursements versés. Elles apparaissent sur les relevés de la Camieg sous la ligne « retenues ».
Le gouvernement a engagé des discussions sur une possible hausse de ces franchises. Pour les bénéficiaires IEG, toute augmentation se traduit par une ligne de retenue plus élevée sur le relevé, sans compensation par le complémentaire (les franchises restent par définition à la charge de l’assuré).

Carte de tiers payant Camieg 2026 : ce que la nouvelle carte change en pratique
La Camieg a annoncé l’envoi d’une nouvelle carte de tiers payant pour 2026. Cette carte permet de ne pas avancer les frais chez les professionnels de santé qui la reconnaissent. Elle porte les informations du régime obligatoire et du régime complémentaire sur un même support.
Un point technique à retenir : la carte de tiers payant Camieg ne fonctionne pas chez tous les praticiens. Certains professionnels, notamment des spécialistes en secteur 2, ne pratiquent pas le tiers payant complémentaire. Dans ce cas, l’assuré avance la totalité des frais et se fait rembourser ensuite par la Camieg.
En cas de perte ou de non-réception, la demande de duplicata se fait via l’espace personnel sur camieg.fr. Le délai de traitement varie, et pendant cette période, les remboursements continuent normalement, seul l’avantage du tiers payant est temporairement suspendu.
Surcomplémentaire et régime IEG : faut-il une couverture supplémentaire ?
Le tableau de garanties Camieg montre des taux de remboursement souvent supérieurs à 100 % de la base de remboursement, notamment pour les honoraires hospitaliers (300 %). Cette générosité relative pose la question de l’utilité d’une surcomplémentaire santé pour les agents IEG.
Les postes où le reste à charge peut subsister malgré la Camieg sont principalement les dépassements d’honoraires en consultations de ville (secteur 2), l’optique hors panier 100 % Santé, et les prothèses dentaires hors nomenclature. Sur ces segments, une surcomplémentaire peut réduire le reste à charge.
Pour les soins courants, les médicaments et l’hospitalisation classique, la couverture Camieg atteint ou dépasse 100 %. Le gain d’une surcomplémentaire y est marginal. L’arbitrage dépend du profil de consommation de soins de chaque assuré, et particulièrement de son recours aux spécialistes en secteur 2.
Les transferts de remboursements engagés en 2026, avec un effet plein prévu pour 2027, modifient progressivement l’équilibre entre régime obligatoire et complémentaire. Pour les bénéficiaires Camieg, le suivi des relevés de remboursement et des retenues permet de mesurer concrètement l’impact de ces réformes sur chaque poste de dépense.